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Cette dernière remarque est aussi valable pour les galaxies. Les galaxies ne sont rien d’autre que des amas d’étoiles géants, dans lesquels se succèdent des générations d’étoiles. Ici encore, on ne verra pas le groupe d’étoiles, mais une tache floue. La galaxie d’Andromède est l’objet le plus lointain que l’on puisse discerner à l’œil nu. Sa distance de 2,5 millions d’années-lumière, exprimée en une unité plus courante, équivaut à presque 24 000 000 000 000 000 000 kilomètres ! C’est également la seule galaxie qui ne soit pas directement reliée à la nôtre qui se laisse voir à l’œil nu.
Les nébuleuses, par contre, sont des objets naturellement diffus et sans contour net. Leur nom s’apparente par ailleurs au mot nuage. On les présente comme des nuages de gaz et de poussière, à partir desquels les étoiles naissent. La nébuleuse la mieux visible est sans doute la Nébuleuse d’Orion, car elle se laisse même voir dans le cieux éclairés des banlieues citadines. On la remarque alors sous la forme d’une étoile pas vraiment ponctuelle, un peu empâtée.
Alors qu’un instrument d’optique s’impose pour mieux apprécier les astres cités plus hauts, je préfère terminer par décrire d’autres phénomènes ne s’apprécient pleinement qu’à l’œil nu.
Les étoiles filantes (ou météores) par exemple sont trop fugaces pour se laisser capturer dans le champ de vision d’un télescope, ou même de jumelles. C’est pour cette raison qu’au milieu du mois d’août, de grandes manifestations publiques ont lieu dans le cadre de la pluie des météores connus sous le nom de Perséides. C’est une observation pour laquelle l’œil nu ne se contente pas de « suffire » : c’est le seul instrument utilisable. On peut également citer les aurores, mais il faut pour avoir de bonnes chances d’en voir voyager vers le grand nord, préférablement canadien. Les aurores boréales visibles en France sont, il faut l’avouer, rarissimes. Dans le domaine des événements rares, ont peut aussi ranger les apparitions de comètes suffisamment lumineuses pour être vues sans instrument. La dernière en date est McNaught, au début de l’année 2007. Cependant, elle n’était bien placée que pour les observateurs de l’hémisphère Sud, qui la voyaient mirifiquement s’épanouir dès le coucher du Soleil. Les observateurs boréaux se souviennent plus volontiers de Hale-Bopp, visible pendant de nombreux mois en 1997. L’écart de dix ans entre les deux spectaculaires apparitions semble être une règle statistique. Ainsi, nous ne devrions normalement pas recevoir de visite d’une belle comète avant plusieurs années, mais ce genre de visite a heureusement l’avantage d’être le plus souvent imprévisible. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’une bonne surprise.